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Vous vous souvenez de la fermeture des 30 piscines municipales en délégation de service public, gérées par le groupe privé Vert Marine ?

Au moment de l’annonce de la fermeture, au début du mois, nous dénoncions dans cet article le fait que quasi aucun média n’interroge les motifs de l’entreprise. A l’époque, tous les articles relayaient le motif de la direction de Vert Marine : « l’électricité est trop chère ». Au point que personne ne semblait été allé vérifier si la direction disait vrai. De notre côté, nous notions que l’entreprise avait versé 4,5 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires au titre de l’exercice 2017. Même en 2020 où, pourtant les piscines ont été fermées administrativement de mars à juin, en novembre et en décembre, l’entreprise a vu son bénéfice net passer de 1,4 millions d’euros à 4,5 millions.

Pourtant, grâce à ce coup de chantage, le groupe a obtenu la prise en charge d’une partie de ses frais par certaines mairies comme celle de Rivesaltes.

Entre temps, notre article a tellement circulé sur les réseaux sociaux que plusieurs journalistes nous ont contacté, dont le JT de France dont la journaliste m’avait posé un lapin après m’avoir dit « je vous rappelle dans 5 minutes ».

Depuis, on a appris via le journal Le Monde que le groupe disait vrai : son électricité était effectivement devenue trop chère. Mais pourquoi ? Parce que ce groupe privé qui gère des piscines publiques avait jugé astucieux d’acheter son électricité sur le marché de gros : Plutôt que de souscrire à des contrats qui assurent une certaine stabilité tarifaire, Vert Marine jouait sur le marché l’argent du contribuable, en prenant de gros risques. Et forcément, dans le contexte actuel, le marché de gros est devenu la pire façon de se fournir.

En effet, les prix y sont beaucoup plus affectés par l’inflation que dans le cadre d’un contrat avec un fournisseur d’énergie. Vert Marine a joué … et a perdu. Et plutôt que d’avouer sa faute de gestion, a fait chanter les municipalités pour obtenir plus d’argent public. Plutôt que de vendre le château qui lui sert de siège social ou fait payer son patron ou ses actionnaires pour réparer cette erreur monumentale, cette entreprise privée est venu chouiner, avec la complaisance des grands médias.

Aujourd’hui, on apprend que les piscines vont rouvrir. Des accords ont été trouvés avec les élus locaux, notamment dans les Yvelines où la communauté d’agglomération va faire bénéficier à Vert Marine de son contrat à tarif régulé. Ils n’ont pourtant pas été dupes de la manœuvre : Les élus des Yvelines ont dénoncé les exagérations de l’entreprise sur sa situation financière, déclarant à sa direction, dans une mise en demeure : « Contrairement à ce que vous annoncez aux médias, deux des trois piscines de la communauté urbaine sont excédentaires de 800.000 euros par an depuis 2016 ».

Le modèle de la délégation de service public, qui a montré dans cette histoire ses énormes limites, n’a pourtant pas été remis en cause…

Sauf à Montauban, où la mairie a réagi rapidement en réquisitionnant les salariés de son prestataire pour organiser la réouverture de sa piscine. Elle a décidé de dégager Vert Marine et de reprendre la gestion directe de sa piscine… mais seulement de façon provisoire.

Pourquoi, maintenant que l’incompétence et le chantage de ce groupe privé a été exposé, nos municipalités continuent de travailler avec lui ?