Quand la classe politique se couche devant la police et ses délires victimaires

Ils sont gonflés, ces syndicats de policiers : alors même que chaque féminicide qui survient dans ce pays montre qu’ils n’ont jamais été à la hauteur pour protéger les victimes, alors même que Mediapart vient de révéler que des membres de leur corporation avaient falsifié des procès-verbaux pour accuser des innocents dans l’affaire de Viry Châtillon, alors même que leurs nombreux actes de violences envers les racisé.e.s et les Gilets jaunes sont restés dans les mémoires, ils manifestent le 19 mai devant l’Assemblée nationale pour exiger plus de moyens et des peines plus lourdes pour ceux qui s’attaquent à eux.

Or, la loi est déjà très dure avec ceux qui s’en prennent aux policiers, et ces derniers le savent bien, puisqu’ils pratiquent depuis toujours un juteux business en utilisant le délit d’outrage pour arrondir leurs fins de mois. Même quand ils falsifient des PV pour accuser des innocents donc, leur hiérarchie ne lève pas le petit doigt. Que faut-il de plus ? « Une justice moins laxiste », disent-ils. Moins laxiste que quoi ? La France est l’un des pays d’Europe où l’on reste le plus longtemps en prison, et dans des conditions lamentables, qui plus est.

Que veulent les policiers de plus que leur situation actuelle d’enfants gâtés, où leur impunité est garantie par les enquêtes de l’IGPN et où ils disposent du soutien de l’intégralité de la classe politique et du pouvoir ? Oui, l’intégralité, vous avez bien lu : chefs de partis de droite, LREM et RN, mais également « de gauche », PS, EELV et PCF, manifesteront main dans la main, aux côtés de notre ministre de l’Intérieur accusé de viol (merci la police et la justice) Gérald Darmanin.

On peut remettre la palme de la stupidité politique pour ces trois partis « de gauche », dont les représentants Yannick Jadot (EELV), Olivier Faure (PS) et Fabien Roussel (PCF) viennent régulièrement chouiner dans les médias du « déclin de la gauche ». Quand on les voit répéter les mots d’ordre des syndicats policiers et agiter la queue face à la moindre polémique initiée par l’extrême-droite, on finit par le souhaiter, le déclin de leur gauche à eux. Côté partis politiques, seuls la France insoumise (FI), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et Lutte ouvrière (LO) n’iront pas prêter allégeance aux policiers.

Car c’est bien de ça qu’il s’agit : personne ne compte vraiment changer la loi – elle est déjà en faveur des forces dites « de l’ordre « . La loi punit déjà les délinquants, le système couvre déjà les policiers véreux, les gouvernements successifs blanchissent voire applaudissent les violences policières. Mais la culture victimaire des policiers vise à aller toujours plus loin : ils n’étaient pas punis pour leurs violences ? Ils ont obtenu qu’elles ne puissent plus être filmées, grâce à la loi de Sécurité globale. Ils pouvaient déjà taper comme ils le voulaient des noirs et des arabes ? L’un de leur syndicat réclame maintenant le « bouclage des 600 territoires perdus de la République, y compris avec le renfort de l’Armée, en contrôlant et en limitant les entrées et sorties de ces zones par des checkpoint ». Ce sera tout ?

Nos chers « partis de gauche » qui se pinçaient le nez face au mouvement des Gilets jaunes, soit disant trop « raciste et homophobe », font moins les fines bouches pour venir manifester avec le RN et soutenir la police et ses revendications fascisantes. Et il faudrait souhaiter « l’union de la gauche » avec ce ramassis de blaireaux qui, du PS au PC, en passant par les écolos, n’a des principes « républicains » que quand il s’agit d’appeler à « faire barrage » ?